Unifilaire
Un seul trait figure tous les conducteurs d’un circuit. Vue d’ensemble de l’architecture : arrivée, protections, départs.
Un schéma électrique est le langage commun de tous ceux qui interviennent sur une installation : celui qui la conçoit, celui qui la câble, celui qui la contrôle, et celui qui, dix ans plus tard, devra la dépanner. Ce module n’apporte pas de physique nouvelle : il apporte une grammaire. Savoir lire un schéma, c’est pouvoir vérifier un devis, comprendre un diagnostic et dialoguer avec un électricien ou un bureau de contrôle sans subir. Savoir en produire, c’est pouvoir constituer le dossier technique du manoir — qui ne sera, au fond, qu’une collection de schémas justes et tenus à jour.
À l’issue de ce module, je suis capable de :
| Concept | Définition courte |
|---|---|
| Schéma unifilaire | Représentation où un trait unique figure l’ensemble des conducteurs d’un circuit ; vue d’ensemble |
| Schéma multifilaire (développé) | Chaque conducteur est tracé séparément ; représente le câblage réel |
| Schéma architectural | Symboles posés sur le plan du bâtiment ; montre l’emplacement des points |
| Schéma d’implantation | Disposition physique des appareils dans le tableau ou le coffret |
| Schéma de principe | Vue d’ensemble très simplifiée, sans détail de câblage |
| NF EN 60617 | Norme définissant les symboles graphiques des schémas électriques |
| Symbole graphique | Pictogramme normalisé représentant un composant (interrupteur, prise, disjoncteur…) |
| Repère | Identifiant normalisé attribué à un composant ou à un circuit |
| Repérage des circuits | Étiquetage durable de chaque circuit au tableau de répartition |
| Folio | Une page d’un dossier de schémas |
| Cartouche | Bloc d’information en bordure de folio (titre, indice, date, auteur) |
| Légende | Tableau associant chaque symbole employé à sa signification |
| Nomenclature | Liste du matériel figurant sur le schéma (références, quantités) |
| QElectroTech | Logiciel libre français d’édition de schémas électriques |
Les sections précises seront confirmées en M9 (étude approfondie de la norme). Comme pour les modules précédents, en l’absence de la norme achetée (cf. SPECS §3), on triangule via les guides Promotelec et les guides fabricants (Legrand, Schneider, Hager).
Un schéma sert quatre fonctions, et chacune a un enjeu concret pour le manoir :
La normalisation des symboles (NF EN 60617) garantit qu’un schéma est lisible par n’importe quel électricien et n’importe quel contrôleur : le dessin ne dépend ni de son auteur, ni de la langue. C’est exactement l’outil dont ce programme a besoin pour atteindre l’objectif « dialoguer d’égal à égal avec un professionnel » (SPECS §1).
Unifilaire
Un seul trait figure tous les conducteurs d’un circuit. Vue d’ensemble de l’architecture : arrivée, protections, départs.
Multifilaire (développé)
Chaque conducteur est tracé séparément. C’est le schéma du câblage réel, pour réaliser et dépanner.
Architectural
Les symboles sont posés sur le plan du bâtiment. Il répond à la question « où » : où sont les points d’utilisation.
Implantation
La disposition physique des appareils dans le tableau ou le coffret. Il répond à « comment c’est rangé ».
Le schéma unifilaire. Un seul trait représente tous les conducteurs actifs d’un même circuit. Le nombre réel de conducteurs est indiqué par de petits traits obliques barrant la ligne, ou par une mention chiffrée. C’est le schéma de synthèse : il montre l’architecture sans le détail du câblage. C’est le schéma exigé au dossier Consuel et le premier que l’on apprend à lire. Pour le tableau du manoir, l’unifilaire sera le document central.
Le schéma multifilaire (ou développé). Chaque conducteur est tracé par son propre trait : on voit physiquement la phase, le neutre, la terre, les navettes d’un va-et-vient. C’est le schéma du câblage réel, indispensable pour réaliser ou dépanner un montage non trivial (va-et-vient, télérupteur, minuterie). Plus lourd à lire en vue d’ensemble, plus précis dans le détail.
Le schéma architectural (plan d’implantation des points). Les symboles sont posés directement sur le plan du bâtiment : murs, portes, fenêtres. Il répond à la question « où » : où sont les prises, les interrupteurs, les points lumineux, les boîtes de connexion. Les traits qui relient les symboles indiquent les commandes (quel interrupteur pilote quel point lumineux), pas le cheminement exact des câbles. C’est le support du dialogue avec le futur occupant : on valide les usages pièce par pièce.
Le schéma d’implantation (du tableau ou du coffret). Il représente la disposition physique des appareils : quelle rangée, quelle position sur le rail DIN. Il complète l’unifilaire — qui dit ce qu’il y a — en disant où c’est monté.
| Schéma | Répond à | Montre | Ne montre pas | Usage principal |
|---|---|---|---|---|
| Unifilaire | Quelle architecture ? | Arrivée, protections, départs, sections | Le détail des conducteurs | Dossier Consuel, conception, vue d’ensemble du tableau |
| Multifilaire | Comment est-ce câblé ? | Chaque conducteur, chaque borne | — | Réalisation et dépannage d’un montage |
| Architectural | Où sont les points ? | Emplacement des prises, interrupteurs, points lumineux | Le cheminement réel des câbles | Implantation, dialogue avec l’occupant |
| Implantation | Où est monté chaque appareil ? | Position sur les rails | La logique électrique | Montage et repérage physique du tableau |
La norme NF EN 60617 est la déclinaison française de la norme internationale CEI 60617, « Symboles graphiques pour schémas ». Elle classe les symboles par familles : conducteurs, composants passifs, appareillage de protection, appareillage de commande, matériels d’utilisation, etc. En résidentiel, quelques dizaines de symboles suffisent.
Point essentiel : les symboles d’un schéma technique (unifilaire, multifilaire) ne sont pas ceux d’un schéma architectural. Les deux jeux sont normalisés, mais distincts. Un interrupteur n’a pas la même représentation selon le schéma — reconnaître la famille employée est le premier réflexe d’une lecture correcte.
Conducteurs, terre et repères
| Élément | Allure du symbole | Apparaît surtout sur |
|---|---|---|
| Liaison / conducteur | Trait plein continu | Tous les schémas |
| Nombre de conducteurs | Petits traits obliques barrant la ligne, ou nombre chiffré | Unifilaire |
| Conducteur de protection (PE) | Trait repéré « PE », couleur vert-jaune | Tous les schémas |
| Prise de terre | Trois traits horizontaux de longueur décroissante | Unifilaire, multifilaire |
| Masse / liaison équipotentielle | Trait relié au symbole de masse | Multifilaire |
Protection et coupure (vues sur l’unifilaire du tableau)
| Élément | Allure du symbole | Apparaît surtout sur |
|---|---|---|
| Disjoncteur | Symbole de contact complété d’un marquage de coupure automatique | Unifilaire, multifilaire |
| Interrupteur-sectionneur | Symbole de contact à coupure visible | Unifilaire |
| Dispositif différentiel (DDR) | Bloc associant la coupure à un tore de détection | Unifilaire |
| Fusible | Petit rectangle traversé par la ligne | Unifilaire |
| Parafoudre | Symbole de décharge dirigée vers la terre | Unifilaire |
Commande et points d’utilisation (vus sur le schéma architectural)
| Élément | Allure du symbole | Apparaît surtout sur |
|---|---|---|
| Interrupteur simple allumage | Petit cercle prolongé d’une tige inclinée | Architectural |
| Va-et-vient | Symbole d’interrupteur complété pour indiquer les deux directions | Architectural |
| Bouton-poussoir | Cercle figurant un contact momentané | Architectural |
| Prise de courant 2P+T | Demi-cercle posé sur un trait, avec barre figurant la terre | Architectural |
| Point lumineux (plafonnier) | Cercle, parfois barré d’une croix | Architectural |
| Applique murale | Cercle adossé au trait du mur | Architectural |
| Boîte de connexion / dérivation | Petit cercle | Architectural |
| Tableau de répartition | Rectangle | Architectural, implantation |
Un unifilaire de tableau se lit du haut vers le bas, dans le sens de l’énergie :
Voici un unifilaire réduit. L’objectif ici n’est pas de justifier les calibres et les sections — c’est l’affaire de M5 et M6 — mais d’apprendre à lire ce que le schéma raconte :
[ Disjoncteur de branchement 15/45 A ] (Enedis) | +----------------+-----------------+ [ Inter. differentiel ] [ Inter. differentiel ] 40 A - 30 mA - type A 40 A - 30 mA - type A | | +--------+--------+ +-----------+-----------+ Q1 Q2 Q3 Q4 Q5 Q6 16 A 16 A 10 A 20 A 20 A 32 A courbe C courbe C courbe C courbe C courbe C courbe C 2,5 mm2 2,5 mm2 1,5 mm2 2,5 mm2 2,5 mm2 6 mm2 Prises Prises Eclairage Lave- Four Plaque de sejour ch. 1-2 sejour+ch. linge cuissonCe que ce schéma raconte, sans avoir vu un seul mur :
Un schéma n’a de valeur que si l’on peut faire correspondre chaque trait à un appareil réel. C’est le rôle du repérage, obligatoire au tableau (NF C 15-100). Il se fait à deux niveaux complémentaires :
Q1, Q2… ou 1, 2, 3… — porté à la
fois sur le schéma et physiquement près de chaque disjoncteur.Trois règles rendent le repérage utile dans la durée :
1, 2, 3… devient vite illisible. On structure la numérotation
par zone (cf. les zones d’étude de SPECS §7 : tableau
principal, cuisine, salles d’eau, chambres, chauffage, garage,
dépendances…), de sorte que le repère indique déjà où l’on est.La convention retenue importe peu — ce qui compte est de la fixer une fois et de s’y tenir pour tout le dossier du manoir. C’est précisément un des livrables de ce module.
Le programme applique ici son principe directeur : à la main d’abord, logiciel ensuite (SPECS §5).
Un schéma propre, qu’il soit manuel ou logiciel, porte toujours :
L’indice de révision mérite une insistance particulière : un schéma vit. À chaque modification de l’installation, on incrémente l’indice et on date. Un schéma sans date ni indice n’est pas un document fiable (cf. l’encadré du §1).
| Source | Sujet couvert | Durée |
|---|---|---|
| QElectroTech — tutoriel d’utilisation (partie 2) | Interface, bibliothèque de symboles, premier folio | — |
| Comment lire et créer un schéma électrique unifilaire — Power Of Industry | Décoder un unifilaire : calibres, courbes, sections | — |
| Lire un plan électrique : symboles et normes NF C 15-100 — Autonomie Électricité | Poser les symboles sur le plan, traits de commande | — |
| Va-et-vient : branchement et schéma électrique | Du schéma de principe au câblage développé | — |
| Faire ses étiquettes de tableau électrique | Conventions de repérage, étiquettes durables | — |
Livrable attendu : un dossier dossier-manoir/M4/ contenant
trois documents fondateurs, réutilisés par tous les modules
suivants :
legende-projet.md — la légende de référence du projet :
l’ensemble des symboles NF EN 60617 qui seront employés dans tout
le dossier technique du manoir, classés par famille (conducteurs,
protection, commande, points d’utilisation). Chaque symbole est
accompagné de sa signification. Ce document fige le vocabulaire
graphique du projet.
convention-reperage.md — la convention de repérage des
circuits du manoir : règle de numérotation structurée par zone
(en s’appuyant sur les zones d’étude de SPECS §7), format des
repères courts, format des désignations en clair, support
d’étiquetage retenu. C’est cette convention qui sera appliquée au
tableau en M10.
schema-architectural-cuisine.md (et son export) — le premier
schéma architectural d’une pièce du manoir, la cuisine : sur
le plan de la pièce, implanter les prises, interrupteurs, points
lumineux et arrivées de circuits spécialisés (plaque, four, hotte,
lave-vaisselle). Réalisé d’abord à la main, puis mis au propre
sous QElectroTech et exporté en SVG.
Ces trois livrables alimentent directement M9 (NF C 15-100 pièce par pièce), M10 (conception du tableau), M13 (éclairage) et M14 (VDI).
Planche de symboles. À partir d’un guide fabricant (Legrand, Schneider, Hager) ou de la bibliothèque QElectroTech, reproduire à la main une planche d’au moins 25 symboles courants, classés par famille et légendés. Cette planche devient une fiche de référence personnelle.
Lecture d’un unifilaire fourni. Prendre l’unifilaire d’un tableau résidentiel type (issu d’un guide fabricant). Reconstituer par écrit la liste complète des circuits : pour chacun, repère, calibre, courbe, section, désignation et différentiel de rattachement. Vérifier qu’aucun départ n’a été oublié.
Du banc au schéma. Reprendre le circuit simple câblé sur le banc d’essai aux TP précédents (M0, M3). En produire à la main les deux représentations : le schéma multifilaire (chaque conducteur) et le schéma unifilaire (la synthèse). Vérifier qu’ils décrivent bien le même circuit.
Mise au propre sous QElectroTech. Installer QElectroTech. Refaire l’unifilaire du banc. Ajouter cartouche, légende et nomenclature. Exporter en SVG et en PDF.
Schéma architectural d’une pièce. Sur le plan d’une pièce réelle (du domicile ou du manoir), poser les symboles architecturaux — prises, interrupteurs, points lumineux — et tracer les liaisons de commande. Comparer ensuite avec l’implantation réelle : tout point existant doit figurer sur le schéma, et réciproquement.
Seuil : 80 %.
FORMATION ÉLECTRICITÉ — M4 — Fiche de synthèse================================================
QUATRE FAMILLES DE SCHÉMAS Unifilaire : 1 trait = tout le circuit. Architecture, tableau. → dossier Consuel, conception, vue d’ensemble. Multifilaire : 1 trait par conducteur. Câblage réel. → réalisation, dépannage (va-et-vient…). Architectural : symboles sur le plan du bâtiment. Le « où ». → implantation des points, dialogue occupant. Implantation : disposition physique dans le tableau/coffret. → montage, repérage physique des appareils.
SYMBOLES — NF EN 60617 Norme des symboles graphiques (déclinaison de la CEI 60617). Deux familles distinctes : symboles techniques (uni/multifilaire) ≠ symboles architecturaux. Règle : on CHOISIT les symboles dans une source fiable (NF EN 60617, bibliothèque QElectroTech) ; on ne les redessine jamais de mémoire.
LIRE UN UNIFILAIRE DE TABLEAU (du haut vers le bas) Disjoncteur de branchement (AGCP, frontière Enedis) → interrupteur(s) différentiel(s) : calibre, 30 mA, type → disjoncteurs divisionnaires : repère, calibre, courbe → départ : section, nombre de points, désignation
REPÉRAGE DES CIRCUITS (obligatoire — NF C 15-100) Repère court (Q1, Q2…) + désignation en clair (« écl. ch. 1 »). Le MÊME repère partout : unifilaire, tableau, plan, carnet. Étiquettes durables (imprimées/gravées), structurées par zone.
PRODUIRE — à la main d’abord, logiciel ensuite Brouillon papier → QElectroTech (libre, FR, export SVG/PDF). Un schéma propre porte : cartouche, folios numérotés, légende, nomenclature, DATE + INDICE DE RÉVISION.
RÈGLE D’OR Un schéma faux ou périmé est plus dangereux qu’une absence de schéma : il fait consigner le mauvais circuit.À conserver avec les fiches M0 à M3. La légende et la convention de repérage produites ici servent de référence à tous les modules suivants.